La période de l'ancien nouveau year, centrée autour du soir de Vassiliev (13 janvier), était perçue dans la tradition populaire non pas simplement comme la continuation des fêtes, mais comme une fenêtre héliomagnetique clé — un moment où les actions de l'homme possèdent une puissance particulière pour influencer le futur. C'était un moment de programmation consciente de la réalité pour l'année suivante par le biais d'un système de rituels ayant à la fois une signification pratique et symbolique profonde. «Commencer» ce jour ne devait pas être des actions abstraites, mais des pratiques spécifiques, posant la matrice du bonheur.
La base de nombreux rituels repose sur le principe «comme un début — ainsi qu'une continuation». Par conséquent, il fallait commencer par des actions modélisant le résultat souhaité.
Commencer l'année financière et le compte du bien-être. Le soir de Vassiliev était le moment des derniers calculs, de la distribution des dettes et du début d'un nouveau cycle économique. Il ne fallait pas entrer dans l'année avec des dettes ou des mensonges — cela programmait la pauvreté. Il était important de mettre une grande pièce (une pièce d'or) dans le portefeuille ou dans un endroit spécial — «pour attirer» de l'argent tout au long de l'année. C'est un prototype du plan financier moderne et de la formation d'une «couverture financière».
Commencer «le travail» avec le grain — symbole de la vie. Le rite du «semis» (l'aspiration) de la maison avec du grain, accompli par les garçons (les «semis»), n'était pas simplement un message de félicitations. C'était une action magique de «semis» de la récolte future et du bonheur. La femme devait faire la «cousine de Vassiliev» à partir de nouveau grain avant l'aurore. Le processus de sa préparation et le résultat (un pot complet, une céréale épaisse) étaient un diagnostic et une programme : une bonne céréale signifiait une année heureuse, et elle était mangée, «commençant» ainsi l'année avec succès.
Commencer le repas avec des plats rituels. Le premier plat à essayer au dîner de fête était la «cousine riche». Elle était mangée au début, «commençant» l'année avec l'abondance (le grain), le sucre (le miel) et la pluralité (le mac). La viande de porc (les pattes, la tête, le bouillon) était obligatoire — symbole de fécondité et de richesse sous la protection de Vassiliev-«porcinier». Commencer à manger avec elle signifiait invoquer la protection en élevage.
Curiosité : Dans certaines régions de la Biélorussie et de la Smolensk, il existait un rituel de «charriage». Après le dîner, le maître symboliquement «charriage» les membres de la famille dans un char improvisé et «parcourait» la maison, «commençant» ainsi le labour. Les enfants jetaient du grain pendant ce temps. C'était une initiation théâtralisée du cycle agricole directement dans l'espace de vie, transposant la maison de statut festif à statut actif.
Le soir de Vassiliev était le moment de renforcer et de relancer les relations sociales, ce qui était également une forme d'«assurance» future par le biais du collectif.
Commencer par le cercle de générosité et des chants de noël. Contrairement aux chants de noël de Noël, les chants de générosité le soir de Vassiliev avaient un caractère plus pragmatique et réaliste. Les chanteurs de générosité, en félicitant les maîtres de maison, leur souhaitaient non pas des bienfaits spirituels, mais une prospérité matérielle concrète : «Soir généreux, soir bienveillant ! Aux gens de bonne santé ! Que la vache traite, que l'agneau pousse, que la porcine prospère !». Commencer ce tour — c'était activer le réseau d'obligations mutuelles et de bons vœux dans la communauté.
Commencer l'échange de cadeaux et de nourriture. Il était important de commencer l'échange avec les voisins et la famille proche : apporter de la «cousine» ou des gâteaux, recevoir quelque chose en échange. Ce n'était pas simplement un festin, mais un rite de circulation du bonheur, de création d'un cercle fermé de dons, qui, selon les croyances, devait assurer l'abondance à tous les participants en nouvelle année.
Commencer le réconciliation. Ce soir était considéré comme le moment où il était important de commencer une nouvelle étape dans les relations — pardonner les anciennes colères, se réconcilier. Entrer dans l'année avec un cœur pur et sans haine signifiait se protéger des disputes et des conflits à venir.
C'était l'un des derniers soirs des Saintes, où la frontière entre les mondes était encore mince, et donc il était possible de «regarder» dans le futur et d'en influencer.
Commencer l'année avec un nouveau nom. Il existait une coutume de «renommage». Les personnes qui ont eu une année difficile pouvaient demander à être appelées autrement ce soir (même dans le cadre du rite), pour «tromper» le destin et commencer une nouvelle vie. C'est un profond procédé psychologique de «redémarrage» de l'identité.
Commencer les devinettes avec une intention d'action. Les devinettes le soir de Vassiliev (en particulier pour les filles — sur le prétendu) différaient des devinettes de Noël. Elles avaient souvent un caractère non seulement prédicatif, mais aussi programmatique. Par exemple, le charme du domestique ou les rituels avec des chaussures («l'éjection du soulier») n'étaient pas seulement une tentative de découvrir d'où viendra le prétendu, mais aussi un acte magique pour qu'il vienne. C'est-à-dire que la devinette devenait la première étape de l'attraction active du désiré.
Commencer avec une parole — les installations verbales. Il était extrêmement important de suivre la première phrase prononcée le matin du 14 janvier, ainsi que les toasts et les vœux au dîner. Le mot ce jour était considéré comme particulièrement important. Par conséquent, les vœux étaient formulés de manière maximale spécifique et imagée, commençant l'année avec une matrice verbale positive. Les querelles, les insultes et les obscénités étaient strictement interdites — elles pouvaient «programmer» l'année pour les conflits.
Dans le contexte urbain moderne, les rituels archaïques se transforment, mais leur sens profond — la création consciente de points de repère et la formation d'intentions — reste pertinent.
Commencer avec un rite de gratitude et de synthèse. Avant de construire des plans, il est important de terminer le geshalt de l'année précédente : se souvenir par écrit ou en famille de ce qui est bon, pour quoi on peut être reconnaissant. C'est une pratique psychologiquement saine, créant un appui pour le nouveau.
Commencer avec la préparation et la célébration collective. Préparer la «cousine» ou un dîner spécial avec toute la famille — c'est un analogue moderne de la «cousine de Vassiliev», un acte de création collective de la fête et du renforcement des liens.
Commencer avec la formulation d'intentions, et non des objectifs. Contrairement aux résolutions de Nouvel An rigides (objectifs SMART), il est plus productif de commencer avec une intention (intention) le soir de Vassiliev — une installation plus flexible et axée sur les valeurs. Par exemple, ne pas «perdre 10 kg», mais «commencer à prendre soin de son corps». Cela correspond à l'esprit du rite comme la création d'un vecteur commun, et non d'un plan rigide.
Commencer avec le nettoyage de l'espace et la distribution du superflu. Analogue aux calculs anciens des dettes — le déballage du dressing, le rejet du gaspillage, la bienfaisance. Commencer l'année avec l'ordre à la maison et un geste généreux — c'est créer un espace pour le nouveau.
«Commencer» le soir de Vassiliev, c'est s'engager dans un ancien rythme du temps cyclique, où le moment de transition entre l'ancien et le nouveau est rempli d'une puissance particulière. Ce n'est pas sur les superstitions, mais sur une psychotechnique profonde, utilisant des actions symboliques pour concentrer l'attention, mobiliser les ressources et structurer le futur.
Les traditions anciennes de «commencement» — du semis de grain à des vœux généreux — étaient un moyen pour le paysan de participer activement à la création de son destin, projetant dans le futur une matrice de prospérité, de santé et de harmonie sociale. Dans le monde moderne, il est important de ne pas reproduire littéralement les rituels, mais d'assimiler leur logique interne : la conscience, la gratitude, le renforcement des liens et la programmation courageuse du bien-être personnel et familial par les premiers actes symboliques de l'année. Le soir de Vassiliev nous propose pas un deuxième chance de faire un vœu, mais un instrument pour son «lancement» conscient — à travers le mot, l'action, le festin et la communication. C'est le moment de commencer l'année pas un simple feuilleton, mais avec une matrice rituelle richement remplie, portant en elle l'expérience millénaire de «réglage» de la vie pour le prospérité.
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