«Pardon » est un simple mot qui est presque inexprimable pour certains. Ils peuvent ne pas parler à leurs proches pendant des années, perdre leur travail, détruire des familles, mais ne jamais parvenir à extirper ce court «pardon ». Que cache-t-il ? De l'orgueil ? De la peur ? Un trouble psychique ? Le psychotype d'une personne qui ne s'excuse pas a une structure complexe. Et pour le comprendre, il faut plonger dans les profondeurs de la personnalité.
Le plus fréquent psychotype d'une personne qui ne s'excuse pas est narcissique. Le narcissique croit sincèrement en son exceptionnalité. Pour lui, reconnaître une erreur revient à reconnaître qu'il n'est pas dieu, mais un mortel ordinaire. C'est insupportable. C'est pourquoi le narcissique réécrit la réalité : «C'est toi qui m'a provocé», «Je plaisantais, tu ne l'as pas compris», «Tu es trop sensible». Il ne s'excusera même pas si les preuves sont évidentes. À la place des excuses, il dévalue les sentiments de la victime. Vivre avec une telle personne, c'est douter constamment de soi.
Pour le perfectionniste, l'erreur n'est pas simplement un manquement. C'est l'effondrement de l'image parfaite d'eux-mêmes. Il a tellement peur d'être imperfecte qu'il nie même la possibilité d'une erreur. Si un perfectionniste vous a écrasé les pieds, il dira plutôt «tu n'as pas mis tes pieds à la bonne place» plutôt que «pardon». L'excuse pour lui est une reconnaissance de sa petitesse. Les perfectionnistes sont souvent épuisés parce qu'ils vivent dans un état constant de tension. Leur inability à s'excuser est une protection contre l'auto-critique qui les torture déjà.
Paradoxalement, une personne qui se considère victime ne s'excuse pas non plus. Pourquoi ? Parce qu'il considère que le monde l'attaque constamment et que tous ses actes sont une protection de soi. «Oui, j'ai été grossier, mais on m'a poussé». «Je suis en retard parce que j'ai la dépression». Il ne prend pas la responsabilité, mais trouve des excuses. S'excuser signifie pour lui accepter qu'il a tort, ce qui brise son image du monde (je souffre toujours). Il est difficile de vivre avec ces gens parce qu'ils ne changent jamais leur comportement.
Le sociopathe (trouble dissocial de la personnalité) ne ressent pas d'empathie. Il comprend que cela a causé de la douleur, mais cela ne lui fait rien. Les excuses pour lui sont un outil manipulatif, mais s'il ne voit pas d'avantages, il ne s'excusera pas. Contrairement au narcissique, le sociopathe ne se considère pas parfait, il en a juste dédain. Il peut s'excuser si cela lui permet de obtenir une réduction ou d'éviter la prison. Mais il ne vous donnera pas d'excuses sincères.
Ce sont des personnes qui ont souffert d'humiliation dans leur enfance. Il est si douloureux pour eux de se souvenir de leurs erreurs qu'ils les nie. La honte bloque les excuses : dire «pardon» signifie revivre cette honte. Ces personnes semblent souvent orgueilleuses et froides, mais en réalité, elles se protègent. Elles ont besoin de l'aide d'un psychothérapeute pour apprendre à séparer l'acte de la personnalité.
Une personne avec un tempérament autoritaire (trouvé souvent chez les chefs, les militaires, les policiers) considère les excuses comme une manifestation de faiblesse. «Si je m'excuse, mes subordonnés ne seront plus effrayés». Il vit selon le principe «qui est le plus fort a raison». Dans son image du monde, c'est celui qui est battu qui doit s'excuser. Curieusement, il peut s'excuser de manière servile devant les supérieurs, mais jamais devant des égaux ou des subordonnés. Ce n'est pas une caractéristique de la personnalité, mais une masque social.
Il y a des personnes qui ne savent pas se mettre à la place de l'autre. Ils ne comprennent simplement pas que leurs mots ou leurs actions pourraient blesser quelqu'un. Cela peut être le cas de l'autisme, du trouble schizoïde ou simplement d'une mauvaise éducation. Ils ne s'excusent pas parce qu'ils ne voient pas de raisons. Si vous dites à quelqu'un «je me sens blessé quand tu...», ils seront sincèrement surpris. Contrairement au narcissique ou au sociopathe, ils ne sont pas méchants, ils ne comprennent simplement pas. Ils peuvent être enseignés à s'excuser par des algorithmes.
Si vous souhaitez conserver des relations, ne vous attendez pas à des excuses — vous ne les recevrez pas. Essayez de traduire la conversation en termes de solutions : «Tu ne t'excuseras pas, mais peux-tu au moins ne pas le refaire dans le futur ?». Parfois, la phrase «Ça m'a fait mal, je veux que tu saches» aide. Sans demander des excuses. Si la personne est toxique et n'est pas prête à changer, il vaut mieux réfléchir à la distance. Vous n'êtes pas obligé de tolérer ceux qui ne respectent pas vos sentiments.
Si la racine du problème est un trouble psychique (narcissisme, sociopathie), les changements sont peu probables. Ces personnes ne cherchent rarement l'aide d'un psychothérapeute. Si la cause est la honte ou un déficit d'empathie (du spectre autistique), une correction est possible. On peut apprendre à quelqu'un de s'excuser comme un rituel, même s'il ne ressent pas de culpabilité. Avec le temps, cela peut devenir une habitude. Mais pour commencer, il doit vouloir changer lui-même.
L'inability à s'excuser n'est pas simplement une «mauvaise qualité ». C'est un symptôme de problèmes profonds. Avant de juger, essayez de comprendre la cause. Mais si vous vous heurtiez à un mur à plusieurs reprises, souvenez-vous : vous avez le droit à l'estime de soi. Et parfois, la seule solution correcte est de partir.
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