27 mai. Il n'y a pas de date rouge dans le calendrier, mais pour des milliers de personnes en blouses blanches, c'est un jour spécial. En Russie et dans certains pays de l'ex-Union soviétique, ce jour est célébré officieusement en l'honneur des médecins. Pas le Jour du médecin (qui a lieu le troisième dimanche de juin), mais un festival presque familial — un jour de remerciement à ceux qui guérissent nos âmes et nos corps. Comment il est apparu, comment il se passe et pourquoi c'est important — nous vous le racontons.
Il n'y a pas d'histoire précise. D'une version, en 1867, les premières ambulances gratuites pour les pauvres ont été ouvertes en Russie. D'une autre version, en 1905, les médecins locaux ont organisé un congrès où ils ont adopté un code éthique. La troisième version — populaire : après la Grande Guerre patriotique, les chirurgiens de campagne ont été célébrés le 27 mai, ayant sauvé des millions de vies.
En Union soviétique, les médecins étaient officiellement célébrés uniquement le Jour du médecin (le troisième dimanche de juin). Mais le 27 mai, dans de nombreuses hôpitaux, on célébrait discrètement «leur» jour. La tradition a été maintenue après la dissolution de l'Union. Aujourd'hui, dans certains régions de Russie, d'Ukraine, de Biélorussie, du Kazakhstan, le 27 mai, des actions de soutien aux médecins sont organisées, des prix sont remis, on dit «merci».
En 2026, cette date prend un sens spécial. Après la pandémie de coronavirus, après les charges des dernières années, la société a plus fortement conscience : le médecin n'est pas simplement une profession, c'est un appel, souvent mortellement dangereux.
Les formats sont différents. Dans les hôpitaux : réunions solennelles, remise de diplômes et de primes en argent aux meilleurs employés, thé. Dans les villes : les administrations organisent des concerts dans les parcs, offrent des fleurs et des médailles commémoratives. Dans les écoles : les enfants sont invités à dessiner ou à écrire un essai «Mon médecin préféré». Sur les réseaux sociaux : des flashmobs avec les hashtags #mercimédecin, #27mai, #jourdumédecin.
Dans les cabinets de consultation, les patients offrent des fleurs, des bonbons, des cartes. Certains apportent des gâteaux et des gâteaux. Les médecins des services d'urgence reçoivent des cadeaux de citoyens reconnaissants — parfois même à 3 heures du matin.
En 2026, les «petits-déjeuners caritatifs» sont particulièrement populaires : les patients collectent de l'argent pour un repas délicieux pour le service. Ou ils transfèrent de l'argent au fonds de soutien aux médecins, au lieu de cadeaux personnels.
Les médecins travaillent à l'épuisement. Des équipes de 24 à 36 heures, du manque de sommeil, du stress constant, de la responsabilité pour la vie. La société a l'habitude de demander, mais rarement de remercier. La célébration est une décharge psychologique. Quand un médecin entend «merci», voit des fleurs des patients, il comprend : son travail n'est pas en vain. Cela réduit le risque d'épuisement professionnel.
Deuxième : attirer l'attention sur les problèmes de santé publique. Au cours de la célébration, des sujets comme les salaires bas, la surcharge de travail, la pénurie de médicaments sont soulevés. Les autorités ne peuvent pas ignorer ces questions le jour du festival.
Troisième : l'orientation professionnelle. Quand les enfants voient que les médecins sont célébrés, ils veulent aussi devenir médecins.
Quatrième : renforcer la confiance. Dans l'époque des antivax et des «médecins nous empoisonnent», n'importe quel jour de remerciement renforce le lien entre la médecine et la société.
Le plus simple est de dire «merci». Mais on peut aussi être créatif. Offrez des fleurs (sans excès, pas 101 roses). Une carte faite à la main par votre enfant vaut plus qu'une carte achetée. Un cadeau sucré est une bonne idée, mais considérez que les médecins suivent des régimes. Il est préférable de donner des fruits, des noix, de la guimauve.
Si vous voulez féliciter un médecin en particulier, écrivez un avis détaillé sur le site de la clinique ou dans les réseaux sociaux. Les médecins aiment cela — leur patron le voit. Vous pouvez enregistrer une vidéo de remerciement. Ou transférer de l'argent dans un fonds caritatif pour aider les médecins avec la mention «en l'honneur du docteur Ivanov».
Ne donnez pas : de l'alcool, de l'argent dans un enveloppe (c'est malpoli), des souvenirs avec l'inscription «le meilleur médecin» (il en a cent), des instruments médicaux (comme un signe que cela ne fonctionne pas). Ne vous invitez pas au restaurant — après une équipe, le médecin veut dormir, pas manger.
En Amérique, le Jour du médecin (National Doctors' Day) est le 30 mars. En Inde — le 1er juillet (le jour de naissance du célèbre médecin Bidhan Chandra Roy). Au Brésil — le 18 octobre (le jour du saint catholique Luc, le protecteur des médecins). En Chine — le 19 août. Le 27 mai est un phénomène post-soviétique.
En Estonie et en Lettonie, on se souvient du 27 mai, mais on le célèbre discrètement. En Géorgie — de manière massive, avec du vin et des chansons. En Arménie — avec une messe religieuse pour la santé des médecins.
En Israël, on ne célébre pas les médecins le 27 mai, mais il y a un «Jour de remerciement aux médecins» en novembre. En Europe, les médecins sont célébrés le jour de Saint-Luc (18 octobre).
La tradition russe du 27 mai est notre propre, locale, fête chaude. Sans jours fériés officiels, sans feux d'artifice. Authentique.
La pandémie de COVID-19 (2020-2023) a laissé des cicatrices. Les médecins ont travaillé dans les zones rouges sans sommeil, sans congés. Des milliers de médecins sont morts. Après la pandémie, de nombreux ont quitté la profession — ils sont épuisés. Ceux qui restent travaillent avec une double charge. En 2026, nous récoltons toujours les fruits : pénurie de personnel, files d'attente dans les cabinets de consultation, fatigue.
C'est pourquoi la célébration du 27 mai 2026 n'est pas une formalité. C'est le soutien aux survivants. C'est «nous nous souvenons de ceux qui sont morts». C'est «nous valorisons ceux qui sont restés».
Dans de nombreuses villes, ce jour-là, des bougies sont allumées en mémoire des médecins décédés du COVID. Des fleurs sont déposées aux monuments. Des minutes de silence sont observées.
Le chirurgien Mikhaïl, 57 ans. Il a sauvé un garçon de 10 ans avec une blessure au cœur par une hache. L'opération a duré 7 heures. Le garçon est vivant. Les parents viennent dans son cabinet chaque année le 27 mai.
La pédiatre Irina, 43 ans. Elle a travaillé dans la zone rouge, elle-même a contracté le COVID, puis est revenue. Ses patients (des enfants) envoient des dessins «Ma tante médecin» après la guérison. Irina les conserve dans un classeur.
Les services d'urgence : le sage-femme Sergueï, 29 ans. Il a sorti une grand-mère d'un appartement en feu, puis l'a réanimée (infarctus). La grand-mère est vivante. Chaque 27 mai, elle appelle et dit : «Fils, merci».
Il y a des milliers d'histoires comme celle-là. Le 27 mai, elles apparaissent sur les réseaux sociaux, dans les médias. Cela nous rappelle : le médecin n'est pas un automatisme pour prescrire des médicaments. C'est un homme qui court des risques pour la vie.
Les leaders — les cliniques payantes. Là, des prix allant jusqu'à 100 000 roubles sont remis, l'équipe est emmenée en sanatorium, des billets de voyage sont offerts. Dans les hôpitaux publics, c'est plus modeste : une médaille, une boîte de bonbons, une prime de 2000 roubles. Mais c'est aussi sympa.
Dans certains hôpitaux, on organise un «jour des portes ouvertes» : les patients peuvent écrire un remerciement sur un panneau spécial. Le soir, le chef de service lit les plus touchants.
Les hôpitaux psychiatriques organisent une thérapie par l'art pour les médecins — pour réduire le stress. Ils dessinent, modelent, dansent.
Dans les dispensaires ruraux, on célèbre avec tout le village. La sage-femme et le médecin sont félicités par les patients des villages voisins. Ils apportent des œufs, du lard, du miel. C'est touchant.
Non tous les médecins sont ravis du 27 mai. Certains disent : «Encore ces fleurs, mieux vaudrait augmenter les salaires». Oui, les salaires des médecins en Russie restent bas (moyenne de 50 à 80 mille, mais avec des heures supplémentaires). La journée de remerciement ne remplace pas un salaire décent.
D'autres médecins pensent que l'on doit célébrer non pas un jour spécial, mais constamment. Une fois par an, c'est de la hypocrisie. Troisièmement, certains médecins se lascent des cadeaux. Quatrièmement, d'autres ont honte de l'attention.
Mais la plupart des médecins sont tout de même heureux. Parce que le mot «merci» est rarement entendu dans leur adresse pendant les jours ordinaires. Et pendant le festival, il est entendu.
Il est important que la célébration ne devienne pas une formalité. Que derrière les cadeaux, il y ait de la sincérité.
Ne tardez pas au 27 mai. Vous pouvez dire «merci» à un médecin le 28 mai, le 30 décembre. Simplement pour qu'il soit venu sur le lieu de l'appel, a prescrit un médicament, n'a pas été grossier. Vous pouvez envoyer un SMS, écrire un avis sur le portail «Mon médecin». Vous pouvez transférer de l'argent au fonds caritatif «Donnez la vie» (pour les médecins des enfants cancéreux). Vous pouvez offrir votre aide en tant que volontaire dans une clinique (distribuer des tickets, s'asseoir à la réception).
Le principal est de ne pas exiger de l'homme de miracles du médecin. Ne criez pas «vous devez». Ne faites pas de plaintes à cause de la file d'attente. Respecter le travail. C'est la meilleure gratitude.
Le 27 mai est un rappel. Et ensuite — chaque jour.
Célébrer les médecins le 27 mai n'est pas pour faire une marque. C'est pour des gens vivants. Pour que le médecin, épuisé après une équipe de nuit, sache : il est aimé, valorisé, attendu. Pour que son sourire apparaisse sur son visage. Pour qu'il ne démissionne pas, mais continue de guérir nous, nos parents, nos enfants.
Donc, le 27 mai, prenez un bouquet (pas cher). Ou faites du pain d'épices. Ou allez simplement voir votre médecin traitant et dites : «Merci, docteur. Pour tout». Peut-être cela sauvera une vie. Peut-être la vôtre.
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