Le monde de Roald Dahl semble souvent cruel et absurde. Les adultes dans ses livres sont soit des méchants, soit des idiots sans volonté. Mais c'est précisément pour cette raison que les personnages lumineux et positifs brillent si éclatamment. Ils ne sont pas simplement des héros, ils sont les porte-parole de l'idée principale de Dahl : être bon n'est pas une faiblesse, c'est une force. Ils ne possèdent pas de super-pouvoirs, ils ne combattent pas les dragons. Ils triomphent par l'esprit, le cœur et la foi en la justice. C'est eux qui rendent les livres de Dahl non seulement terrifiants, mais véritablement humains.
Matilda est peut-être le personnage positif le plus connu de Dahl. Une petite fille qui lit Dickens à quatre ans et qui bat la directrice méchante par la force de la pensée. Mais sa force n'est pas le télékinèse, c'est son esprit et sa ténacité. Elle n'est pas frustrée, bien que ses parents la humiliation et que l'école soit un enfer. Elle conserve la bonté, un regard ironique sur le monde et la capacité de se réjouir des connaissances. Matilda est le symbole que l'isolement peut être une source de force si on ne cesse de croire en soi. Elle ne attend pas de secours, elle crée elle-même la justice.
Charlie Bucket est l'antithèse de tous les héros capricieux et avares de \"Charlie et la chocolaterie\". Il est pauvre, mais il n'est pas envieux. Il a faim, mais il ne prend pas ce qui ne lui appartient pas. Il rêve du chocolat, mais il ne perd pas la tête. Sa qualité principale est l' gratitude. Il sait se réjouir des petites choses : un morceau de pain, un mot aimable, une famille qui l'aime. C'est sa modestie et son honnêteté qui le rendent digne du plus merveilleux cadeau. Charlie nous enseigne que le bonheur ne réside pas dans ce que l'on a, mais dans la manière dont on se comporte envers ce que l'on a.
Le BVG est le personnage positif le plus inattendu de Dahl, car il s'agit d'un géant végétarien qui ne mange pas de gens, contrairement à ses congénères. Il parle de manière humoristique, il est timide de son inexpérience, mais il a un cœur immense. Il s'occupe de la petite fille Sophie, la sauve et, en fin de compte, aide à vaincre les géants méchants. Le BVG est l'incarnation de l'idée que la véritable force ne réside pas dans la taille ou la puissance, mais dans la capacité à être bon, même lorsque l'on ne vous comprend pas. Il nous enseigne que les fous sont ceux qui rendent le monde meilleur.
James est le héros de la nouvelle \"James et le géant-persique\". Sa vie commence par une tragédie : ses parents meurent et il est confié à deux tantes cruelles. Il est seul et malheureux. Mais il ne devient pas méchant. Il conserve la capacité de s'étonner et de croire en la magie. Sa rencontre avec le persique, qui s'avère être un refuge pour les insectes, devient le début d'un nouveau monde où il trouve des amis et une famille. James est un exemple de la manière dont on peut conserver l'espoir dans la situation la plus sombre.
Sophie n'est pas simplement une petite fille kidnappée par un géant. Elle est son partenaire, sa conscience et sa protectrice. Elle n'a pas peur de défendre son ami. Elle ne se tait pas lorsque l'on parle de l'injustice. Même étant petite et vulnérable, elle trouve un moyen de tromper les géants méchants. Sophie est le symbole que l'âge et la taille n'ont pas d'importance lorsque l'on parle de courage. Ce qui compte, c'est la fermeté d'esprit.
Dahl a également des personnages adultes positifs qui agissent en tant que mentors ou assistants. Miss Silver de \"Matilda\" est une bonne et sage enseignante qui voit du talent dans un enfant et en croit, même lorsque tout le monde est contre. Miss Honey, victime elle-même de l'enfance, devient pour Matilda la mère qu'elle n'a jamais eue. Ces adultes montrent que tous les adultes ne sont pas des monstres et que la rencontre avec une bonne personne peut changer une vie.
Dans le roman autobiographique \"L'Enfant\", le héros positif est Roald Dahl lui-même dans l'enfance. Il est honnête, curieux, résistant. Il ne se soumet pas à la peur du système éducatif. Il se souvient des insultes, mais il ne devient pas méchant. Son histoire est l'histoire de la manière dont l'enfance forme l'adulte et de l'importance de conserver l'enfant en soi, malgré les coups du sort.
Tous les héros positifs de Dahl sont des marginalisés. Ils ne s'adaptent pas aux normes : ils sont trop intelligents, trop pauvres, trop étranges, trop petits. Mais c'est précisément cela qui les rend forts. Dahl nous enseigne que ne pas être comme tout le monde n'est pas une malédiction, mais un avantage. Et que la véritable victoire n'est pas sur l'ennemi, mais sur son propre peur.
Les héros positifs de Dahl ne sont jamais \"sucrés\". Ils peuvent être colériques, ironiques, même têtus. Ils ne sont pas parfaits, et c'est ce qui les rend vivants. Par exemple, Matilda peut être rusée, et le BVG peut être maladroit. Dahl ne romantise pas la bonté, il montre qu'il s'agit d'un choix fait chaque jour. Et c'est ce choix qui rend ses héros authentiques.
Les héros positifs de Roald Dahl ne sont pas des chevaliers sans peur et sans reproche. Ce sont des enfants et des fous qui triomphent du mal non pas par la force, mais par l'esprit et la bonté. Ils nous enseignent que être bon est amusant. Que l'on peut être drôle et sérieux en même temps. Et que dans un monde où il y a tant de cruauté, le plus audacieux que l'on puisse faire est de rester bon.
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